MARCELA VILLALOBOS CID : DU CHIAPAS AU CENTRE-SUD
Marcela Villalobos Cid a quitté son Mexique natal et
des projets d'avocate pour œuvrer à la pastorale sociale d'un
quartier pauvre de Montréal, au Québec.
« Un peuple qui efface son histoire
est un peuple qui risque de mourir ». Marcela Villalobos Cid
n'y va pas par quatre chemins pour exprimer son inquiétude en
voyant comment le Québec renie peu à peu ses origines
chrétiennes. Arrivée il y a trois ans et demi du Mexique
(pour quelques semaines, normalement !), la jeune femme de 27 ans a
si rapidement trouvé sa place qu'elle oeuvre désormais
comme agente de pastorale sociale dans le quartier Centre Sud. Un
travail taillé sur mesure pour cette avocate qui cherchait
comment concilier sa foi, son goût pour la justice sociale, les
droits de la personne, l'engagement auprès des pauvres et le
développement communautaire.
Après ses études de droit, la jeune Mexicaine a œuvré
quelques temps au Sud du Mexique. « être pour
servir » : elle a expérimenté la devise des
frères maristes en travaillant avec eux. Une manière
de découvrir que les pauvres ne sont pas si différents
de nous : « Il n'y a pas de mascarade possible avec
eux, dit-elle. Notre visage devient plus vrai, parce qu'ils sont le
reflet du visage du Christ ». La simplicité de vie
qu'elle a connue au Chiapas et Oaxaca lui a permis de saisir une des
grandes vérités que lui enseignaient son père et
sa mère : la pauvreté est essentiellement le fruit
d'un système économique injuste.
C'est sa famille qui lui a ensuite payé le billet d'avion pour
Montréal, afin de lui permettre de faire un grand voyage avant
sa carrière tout en apprenant les langues. Marcela a donc
appris l'anglais et le français. Elle a aussi travaillé
pendant un an avec des immigrants latinos qui tentaient leur chance au
Canada pour faire vivre leur famille au pays. « J'ai appris
avec eux ce que cela signifie se faire exploiter »,
dit-elle.
Mais vite, elle a découvert des milieux dans lesquels tracer son
chemin : la Bande FM, où elle vit maintenant et qui lui a
permis de rencontrer des jeunes croyants francophones, et
l'université Concordia où elle a côtoyé
la jeunesse multiethnique et multireligieuse de Montréal tout
en poursuivant ses études en Développement économique
communautaire.
Depuis janvier dernier, Marcela travaille dans
le quartier Centre-Sud de Montréal, où elle essaye de
tisser des ponts entre les organismes communautaires et les
communautés chrétiennes. Un quadrilatère compris
entre le fleuve, la rue Sherbrooke, la rue Saint-Laurent et la voie
ferrée d'Hochelaga-Maisonneuve. « Mon rôle,
c'est d'être présente, de leur dire : comment peut-on vous
aider ? » les responsables d'organismes communautaires
s'étonnent parfois de voir cette jeune femme venir offrir les
services de l'église. « Nous étions les seuls
à répondre à un appel d'équiterre »,
se rappelle-t-elle. Certains se demandent parfois ce que des
Chrétiens viennent faire dans le communautaire, mais ils comprennent
vite la détermination et la capacité d'action de la jeune
femme : « Mon rôle est d'inciter les communautés
chrétiennes à s'impliquer dans les enjeux sociaux de leur
quartier; ou d'aider les bénévoles super-actifs à
trouver comment s'arrêter pour ne pas oublier au nom de Qui ils
ne comptent plus leurs heures... Car sans prière, on
s'épuise ».
Marcela avec deux bons amis ont notamment mis sur pied les rencontres
du mercredi : un café rencontre avec les itinérants
de la Maison du Père. « Nos invités sont
là comme un outil, résume-t-elle, pour dire aux
itinérants qu'ils comptent dans la
société ».
Marcela n'a pas le sentiment de faire une job de travailleuse sociale :
« Il y a quelque chose de plus, dit-elle, c'est que je le fais
au nom de ma foi. Sans elle, je ferais une tâche. Mais avec elle,
j'ai le sentiment de poser une petite brique pour le Royaume de Dieu.
Comme Chrétiens, nous savons que tout ne repose pas sur nos
épaules : l'avenir ne nous appartient pas, il est au
Christ ». D'ailleurs, dit-elle, pas besoin de partir au bout du
monde pour annoncer une Bonne nouvelle : « Des pauvres,
des BS, des chômeurs, des monoparentaux, des décrocheurs,
des analphabètes, des toxicomanes, des itinérants, des
prostitués... tout est là dans Centre Sud pour qui a
l'esprit missionnaire ! »
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 Marcela Villalobos Cid |
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