DUKE TRAN : LES RÉSEAUX DE LA FOI
L'action plus que la parole : l'ingénieur et directeur en
R&D sait comment parler de Dieu en parlant télécoms.
« La vie n'est pas le fruit d'un simple lien de cause à
effet entre des atomes. Nous sommes faits de la même matière que le monde - du
carbone, de l'hydrogène, de l'oxygène... Mais un esprit anime ces
éléments, c'est le souffle de Dieu ». Duke Tran a beau exhiber un
grand Yoda sur son bureau (le plus sage des très spirituels Jedi, du film La Guerre
des étoiles), les convictions chrétiennes de cet ingénieur de 33 ans
sont bien ancrées : « L'amour n'est pas un phéromone »,
rappelle-t-il.
Diplômé de l'université McGill, Duke Tran a uvré
huit ans au sein des équipes de R&D de Nortel avant de diriger une équipe au
sein de NMS Communications, un fabricant de composants pour des réseaux de
télécommunication. « La gestion et le leadership me passionnent,
dit ce cadre d'entreprise. C'est extraordinaire parce qu'en travaillant avec d'autres,
on peut réaliser des choses qu'on n'aurait jamais pu faire seul. »
Duke Tran a toujours eu le sentiment que réussir dans la vie
signifiait aussi prendre soin des autres. Sa famille a fui le Vietnam pour arriver en
1975 au Québec. Son père est décédé alors qu'il avait
12 ans. Et dès qu'il a eu son premier emploi, sa mère est entrée chez
les Visitandines, des religieuses cloîtrées, après avoir
élevé ses quatre enfants ! « Comme aîné, j'ai
vite été appelé à être le pionnier et le leader »,
dit-il en se remémorant ces années où sa famille, très
pratiquante, récitait le chapelet ou lisait les vies des Saints avant le
coucher.
« Pendant longtemps, j'avais une vision verticale de la foi :
Dieu, là haut, braquait un spot sur le petit Duke en regardant ce qu'il
faisait. » En 1998, un homme d'affaire d'Ottawa change sa perception :
« Ses temps de prières étaient inscrits dans son agenda ».
Duke Tran le suit à l'église Saint Mary's, une paroisse charismatique
très dynamique dans la capitale canadienne. « En découvrant la
vie dans l'Esprit, j'ai compris que la foi appelle aussi une décision du
coeur ». En route vers Ottawa, en récitant simplement
« Jésus, je t'aime », Duke fait alors une expérience
forte de la présence du Christ à ses côtés.
Depuis, la prière soutient sa vie. Engagé auprès des
jeunes (Mission Jeunesse) et des pauvres (il prend régulièrement du temps
avec les gens de la rue et visite Arthur, une personne handicapée), Duke Tran
laisse aussi une grande place à ses valeurs chrétiennes dans son travail
de gestionnaire. « La foi me donne une approche très globale
(holistique) ; je ne regarde pas les titres ou les fonctions, mais les personnes.
J'essaye d'aller dans le sens où va le souffle de l'Esprit Saint, de respecter
le timing que Dieu donne à nos rencontres ou nos avancées. Cela ma donne
une grande sérénité ».
Duke n'a pas hésité un instant à prêter un
local pour qu'un employé musulman puisse dérouler son tapis de prière
dans un climat de paix. « C'est une grande responsabilité de tisser de
bons liens avec des collègues de religion ou de culture différente, sans
masquer ce que l'on porte. Je ne veux pas être celui qui va ruiner la
réputation de l'&Eactue;glise; j'essaye d'évangéliser par ma
manière d'être plus que par des paroles. »
Travailler en télécommunication, c'est aussi faire
uvre utile comme chrétien, croit Duke Tran : « Nous aidons
les gens et les peuples à tisser des liens, à se comprendre et à
résoudre des disputes ». Très à l'écoute de Dieu
dans sa vie, le jeune ingénieur croit beaucoup que le Seigneur l'appelle
à être un homme des réseaux. Et pas seulement dans les
télécoms ! ©EQm
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