HÉLÈNE MARCEAU : DES GESTES QUI PARLENT
Hélène Marceau a inventé une expression : la tricothérapie.
Comme des centaines de grands-mamans, elle en a largement bénéficié.
C'est un petit peu étrange de parler ainsi, mais Hélène
Marceau n'hésite pas une seconde : oui, l'accident cérébro-vasculaire (ACV)
qu'elle a fait en février 2005 est bien une des bonnes choses qui lui
soit arrivée dans la vie. L'accident l'a frappée alors qu'elle mettait
la dernière main à un article pour présenter l'extraordinaire aventure
de générosité qu'elle menait avec 140 grands-mamans et des jeunes
du secondaire, un réseau de tricoteurs et tricoteuses qui tissent un
fil d'entraide intercontinentale et intergénérationnelle par le tricot.
Depuis, les grands-mamans ne sont plus 140 mais 240 et
surtout, Hélène Marceau dispose de tout son temps pour recevoir des dons
de laine, distribuer des sacs de pelotes, trier ou empaqueter des centaines
de vêtements de bébé, de couvertures pour des prisonniers d'Afrique,
vêtements de neige pour des orphelins de Roumanie, enfants de tous les
âges du Honduras, Pologne, Niger... Une preuve, s'il en fallait une, qu'il
faut bien peu de chose pour mettre « du cur à l'ouvrage »,
même en congé de maladie.
« Mais qui êtes-vous donc ? » lui
demandaient les infirmières de Villa Medica, où Hélène Marceau a traversé en
quelques semaines une rééducation fulgurante. Elle a reçu bon nombre de cartes et
de lettres, et dû refuser de trop nombreuses visites, des appels...
Ni star ni vedette : Hélène Marceau uvre bien humblement
depuis 1989 comme secrétaire médicale à l'Hôpital Saint-Luc, à la Direction
des soins infirmiers du Centre hospitalier universitaire de Montréal
(CHUM). Un travail de logistique et de coordination pour assurer que
les infirmières et les stagiaires disposent de tous les outils et les
sessions de formation dont elles ont besoin pour mener à bien leur travail.
« La tâche est sans cesse plus grande, explique Hélène, mais
heureusement l'atmosphère de travail dans notre service est excellente. »
Tous ses collègues ont su, peu ou prou, ses nombreuses années
d'implications dans le monde de la catéchèse, les messes familiales, son
rendez-vous chaque semaine avec les petits malades de Sainte-Justine, et
bien entendu son réseau de grands-mamans tricoteuses : « Pas
besoin de rien claironner, les gens nous voient bien aller », résume
la célibataire dans la cinquantaine. C'est le témoignage de l'action : la vie
qui traverse les projets parlait suffisamment fort pour toucher les
curs.
« C'est notre attitude qui fait que les gens se
posent des questions sur les valeurs profondes qui nous animent », résume
Hélène Marceau. Bien des parents ou des personnes seules ont dû y penser quand elle
leur disait qu'elle n'avait pas d'enfant à elle, c'est vrai, mais qu'elle avait tous
ceux des autres à l'hôpital Sainte-Justine.
« C'est quand je suis faible que je suis
fort » : parole de St-Paul aussi vécue par Hélène, car fragilisée
par l'ACV, pour quelques années ou peut-être jusqu'à la retraite, la secrétaire
médicale ne s'est pas pour autant repliée sur elle-même. Elle a fait de ses
limites autant d'occasions de témoigner que le partage multiplie. « La
Vie prend soin de chacun pourvu qu'on ose la vivre généreusement et que l'on met les
« bonnes lunettes » pour voir la Vie qui passe. Je n'ai pas de
voiture, je ne conduis pas, je n'ai pas de moyens, je dois plus que jamais tenir
compte de mes énergies... mais je dispose désormais d'un réseau de volontaires
qui vont chercher ou distribuer des dons de laine aux quatre coins de Montréal,
Laval, Rive-Sud... » Il ne lui a même pas fallu une semaine pour
recevoir des dons de laine en provenance du Saguenay-Lac Saint-Jean, sans
bouger de chez elle ! Poste Canada a même acheminé par courrier des dons
de laines merveilleux venant de Gaspé, Trois-Rivières, Drummondville, etc.
Pour l'heure, Hélène Marceau contemple souvent, avec une
infinie patience, les dizaines de sacs de tricots et de couvertures destinés
au village de lépreux de Niamey, au Niger. Elle attend le bon samaritain qui
trouvera le moyen de les envoyer. « Seigneur, tu as donné la laine,
les tricoteuses, les taxis pour rassembler les sacs. J'ai fait ma job, finis la
tienne ! », dit-elle dans sa prière... ©EQm
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Pour en savoir plus : helene.marceau072@sympatico.ca
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