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VIVRE MA DIFFÉRENCE DANS LA RICHESSE DU SAVOIR
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Assumer sa différence et s'adapter à la
diversité du monde est une règle d'or que je trouve importante
à adopter.
Mais dans un monde si globalisé et si moderne,
l'uniformité et la conformité sont de plus en plus exigées.
La recherche du savoir et l'échange permanent avec les
autres m'invitent constamment à replonger profondément
en moi-même pour les rejoindre.
Le philosophe Socrate disait :
« Connaître les autres c'est bien, mais se
connaître soi-même c'est mieux ».
Mon expérience en France m'a beaucoup marqué
et m'a enseigné bien des choses sur les autres et sur
moi-même. à mon arrivée en 1999, j'ai commencé d'abord
par une longue observation de ce beau pays mais
aussi et surtout des comportements des hommes
et femmes qui l'habitent. J'ai appris énormément
par les enfants, les livres, l'ordinateur (Internet),
ARTE et France 5. Au début, je cherchais à me fondre
dans la masse, à m'habiller comme les Européens pour
ne pas me faire remarquer et, surtout, pour me faire
accepter. Jusqu'au jour où j'ai posé pour une photo avec des
étudiants au Club Méditerranée où j'étais Gentil Organisateur (GO)
auprès des enfants. Nous étions une trentaine en maillot
de bain autour d'une piscine. J'étais le seul à ne pas
être blanc. Après la photo, une petite Angélique de 4 ans
vint me voir. Elle me dit : « Tu es comme
un grain de beauté parmi les Blancs. » Un grain
de beauté... La beauté dans la différence. Cette phrase me
toucha énormément. Je cherchais à ressembler aux autres
et ces mots me rappelaient à quel point j'étais avant
tout un Touareg façonné par le désert avec son sable, sa
lumière, ses horizons, ses couchers de soleil, son vent,
bref sa nature et ses animaux. Je pris conscience que
je devais réapprendre à rester moi-même. Pourquoi tenter
d'être ce que je ne suis pas ? Les grains de beauté
d'un corps enrichissent son charme secret. Oser affirmer
sa couleur, son âme et en être fier. Depuis ce jour,
je m'habille en Touareg dans la rue et partout au gré de
mes envies. J'ai découvert à quel point les autres
m'acceptaient encore mieux, me reconnaissaient.
La culture est une richesse inestimable,
la différence aussi. L'homme pressé court derrière le
temps. Les philosophes disent qu'il est « son
fils ». Lorsque j'ai quitté mon désert, j'avais en
tête plein d'images d'un monde merveilleux habité par
des femmes et des hommes heureux, à l'abri du besoin,
ayant tout ce qui nous manquait dans le désert, entre
autres de l'eau, de la verdure et suffisamment à manger.
Dans le désert, « l'horizon est la demeure de
l'homme ». L'enseignement y est celui de la
nature et de nos ancêtres. L'envie des voyages et l'appel
des contrées lointaines, m'ont fait quitter ma terre natale
sans savoir vraiment ce qui m'attendait. Mais le sage malien
Amadou Hampaté BA disait que « la meilleure des
connaissances est celle qui mène l'homme vers les
hommes ».
Au Mali j'avais découvert une petite
bibliothèque à Bourem où les livres étaient ensablés
mais mon bonheur y était immense avec de grands
moments d'évasion grâce à des histoires d'un ailleurs
lointain et cela était pour moi une invitation.
J'avais l'impression de trouver des trésors inespérés
et, en effet, chaque livre surgi du sable en était
un. C'est ainsi que je découvris les merveilles de
la littérature française. Chaque auteur était une
révélation, un appel vers la France, vers l'Occident.
Quelle formidable richesse de savoir ! Quelle
ouverture ! Chez nous dans le désert, l'univers
des possibles s'épanouit simplement entre le ciel,
la roche et le sable. En France en revanche, il y a la mer,
les montagnes, les livres, les médias... Tant de moyens
pour éveiller les
rêves ! [...] ©EQm
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Moussa autographiant ses livres. |