BILLET : UNE TERRE PROMISE
Plus que de brique ou de pierres, notre vraie maison commune est
faite de chair et de sang.
Nous sommes nombreux à désirer parcourir la
planète de part en part. Aller, une fois au moins, « au bout du
monde » ! C'est certainement cette soif qui a poussé les premiers
humains à quitter les savanes africaines, pour partir à l'aventure. Depuis,
on sait ce qu'il en est : l'Homme est partout... même dans l'espace !
Nous vivons tous aussi ce sentiment profond, réel ou
nostalgique, d'être « de quelque part ». D'un pays, d'une
culture, d'une colline. Parfois seulement d'une rivière, d'une route ou d'un amour,
qu'importe. Un lieu qui peut nourrir et combler une vie.
Ces deux voies sont universelles. Elles sont les deux chemins pour
rencontrer en profondeur nos frères en humanité. Pour l'une, il s'agit de
s'enraciner si intensément sur une terre ou dans une ville que notre
expérience rejoint celle de tous les peuples.
L'autre est celle de l'esprit nomade, qui est loin
d'être perdu. Là, plus de maison, de terre ou de biens qui attachent. Ne
restent que le ciel et le cur de l'homme pour guetter, en veilleur, cette
présence qui éclaire toute vie.
Les grands spirituels du monde ont tous marié ces deux chemins.
Imprégnés d'une époque, d'une culture, et libres comme le vent dans
le souffle de la Vie. Enracinés dans l'espace qui nous est donné, à
leur exemple, l'essentiel est que nous osions rendre la Terre habitable pour un plus grand
nombre, là où l'on demeure. « Il y assez de ressources sur cette
planète pour répondre aux besoins de tous, écrivait Gandhi ;
mais pas assez pour satisfaire le désir de possession de chacun ».
Construire des maisons, des villages, des villes, des lois, des arts,
du pain... c'est bâtir autant d'espaces dans lesquels de nouvelles
générations d'hommes et de femmes pourront s'épanouir ensemble.
Car au fond, plus que de briques ou de pierres, notre vraie maison commune est
d'abord faite de sang et de chair. ©EQm
|
|